1er Janvier 2015 : Jarabacoa

 

Nous poursuivons notre escapade à terre et passons la nouvelle année à Jarabacoa, « le lieu où l’eau afflue » en langue Taina, et pour cause, les indiens ne se sont pas trompés, l’eau est partout, même le silence est aquatique, totalement accaparé par le bruit tonitruant des rapides et des cascades vertigineuses qui dévalent les montagnes à n’en plus finir. 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes ivres d’eau, voilà une façon bien singulière de terminer l’année, pas besoin de bulles ! De notre chambre, la vue est imprenable, la rivière incandescente bouillonne et nous laisse peu de répit de jour comme de nuit. Alors ce matin c’est en rafting que nous avons décidé de la descendre et c’était un vrai moment de bonheur que de passer de rapides en rapides dans nos petites embarcations. Loup rame de toutes ses forces et nous dégringolons, bien accrochés, pendant trois bonnes heures. Nous irons demain à l’assaut des cascades, en Cannyonning, cette fois. 

 

 

 

 

 

 

Quel bonheur ! S’il faut quitter la mer l’espace de quelques jours autant que ce soit pour aller à la source s’abreuver d’eau douce, transparente et désaltérante. 

 

 

 

 

 

Les enfants sont heureux. Trop petites pour le raft, les filles nous ont accompagné pour une ballade à cheval à travers les sentiers fleuris. Nous avons galopé le long de la rivière, puis nous nous sommes baignés dans son eau gelée. Ici il tombe annuellement plus d’1,50 mètres de pluie. C’est le château d’eau de la région de Santiago, la « cité de l’éternel printemps ». La température est en effet idéale et les nuits bien fraîches. A 500 mètres d’altitude, la ville est traversée par trois rivières, le Jimenoa, le Baiguate et le Yate Del Norque que nous avons descendu ce matin, un site de rafting unique dans les Caraïbes. Demain en fin de journée nous regagnerons la capitale pour retrouver notre Fleur Australe et filer vers le Nord de l’île.

 

29 Décembre

 

La République Dominicaine

 

Habité par les tainos depuis le VIIème, le territoire de la République Dominicaine a été atteint par Christophe Colomb en 1492 et devint le site des premières colonies européennes, Amérique, Saint-Domingue, devenant la première capitale espagnole au Nouveau Monde. Après trois siècles de règne espagnol, avec un interlude français et haïtien, le pays devint indépendant en 1821 mais fut rapidement repris par Haïti. Victorieux lors de la guerre d'indépendance de la République Dominicaine en 1844, les Dominicains eurent pourtant de nombreuses difficultés à parvenir à une stabilité politique durant les 72 années suivantes. 

 

 

 

Marion dans les rues de Santo Domingo à la recherche des danseurs de break dance

 

 

Les États-Unis occupèrent le pays de 1916 à 1924, puis, après une période de six ans de calme et de prospérité sous Horacio Vásquez Lajara, s'en est suivie la dictature de Rafael Trujillo jusqu'en 1961. Les Haïtiens constituent le groupe d'étrangers le plus important. Le catholicisme est la religion de 95 % de la population. De nombreux Dominicains sont descendants d'esclaves africains. 

 

 

 

Les fruits, richesse de l'île et source de vitamines pour tout le monde


 

Les disparités de richesse sont très fortes et les blancs descendants d'Espagnols sont de loin les plus riches tandis que les Noirs et les Métis, mélange d'Indiens tainos, Africains et Espagnols, occupent généralement le bas de l'échelle sociale. Néanmoins, le métissage a été très important.

 

Saint-Domingue

 

Premier établissement permanent du “Nouveau Monde” et capitale des Indes Occidentales, la Ville Coloniale de Saint-Domingue – la seule du XVème siècle dans les Amériques – a été le point de départ du rayonnement culturel européen et de la conquête du continent. De son port sont partis les conquérants Ponce de León, Juan de Esquivel, Hernán Cortés, Vasco Núñez de Balboa, Alonso de Ojeda et tant d’autres. 

 

 

 

Avec notre danseur de break dance, Johnny, le chef du groupe

 

 

Située à l’embouchure de l’Ozama, sur la côte sud de l’île d’Hispaniola, la Ville Coloniale de Saint-Domingue est le noyau à partir duquel a été fondé Santo Domingo de Guzmán, la capitale de la République Dominicaine. Son établissement a débuté sur la rive orientale de l’Ozama en 1496 et elle a été fondée par Bartolomé Colón en 1498, par disposition des rois catholiques. En 1502, le  gouverneur Nicolas de Ovando transfère ses institutions sur la rive occidentale et décide de donner à la ville un plan quadrillé à partir de la Grand-Place (Plaza Mayor). Ce tracé en damier est devenu par la suite une référence pour presque tous les planificateurs urbains du Nouveau Monde. 

 

 

 

Rencontre avec l'équipe de danseurs


 

Ville des premières fois, Saint-Domingue a été le siège des premières institutions dans les Amériques : la cathédrale Sainte-Marie de l’Incarnation, le monastère Saint-François, l’université Saint-Thomas d’Aquin, l’hôpital Nicholas de Bari, la Casa de Contratación. Elle est aussi la première ville fortifiée (forteresse de Saint-Domingue et sa Torre del Homenaje) et le premier siège du pouvoir espagnol dans le Nouveau Monde. 

 

Les BBoys, stars locales

 

Nous arpentons la ville dans tous les sens, passons de la cité coloniale à la ville moderne. Saint Domingue a plus d’un visage, c’est une ville éclectique et électrique. Vers midi nous avons rendez vous dans la banlieue, avec un groupe de break dance, très connu ici, les BBoy Pirilium. Il y a énormément d’embouteillages. Nous les retrouvons dans un quartier particulièrement animé, vendeurs ambulants, parties de dominos acharnées sur le trottoir, l’ambiance bat son plein.

 

 

 

Des artistes en vogue dans le pays

 

 

Ils sont treize danseurs, c’est Johnny qui nous accueille. Nous passons l’après-midi avec eux pour notre plus grand plaisir. Les enfants s’improvisent au break dance, Marion s’avère particulièrement douée.

 

En fin de journée nous regagnons le bateau, le soleil décline sur le Malécon, c’est très beau.

 

27 décembre : La Romana

 

Nous relâchons devant l’île Saona à l’aube, à mesure que la journée avance, des bateaux à moteurs et autres catamarans traversent la baie pour déverser leurs flots de touristes sur la plage au vent de l’autre côté de l’île. 

 

 

Au mouillage à Saona

 

 

Nous improvisons un déjeuner de langoustes fraiches et de poissons, grâce à un pécheur rencontré sur la plage, qui elle reste calme, car l’eau y est moins transparente et les fonds moins abordables qu’ailleurs. 

 

 

 

Un habitant de Saona, pêcheur de langouste

 

 

En début d’après midi nous rejoignons la Marina de Casa de Campo, le spot pour milliardaire et célébrités, une ville dans la ville sans aucun intérêt. Nous ne sommes plus en République Dominicaine, on pourrait être partout, une enclave en dehors des lois qui régissent en général le commun des mortels, ce qui nous arrange bien car cela nous permet de faire les formalités relativement rapidement et comble du luxe, Béti, le chien, est accepté, moyennant quelques dollars, cela va de soi, ici tout se monnaie. 

 

 

 

Le village reconstitué de Campo

 

 

Elle est donc désormais autorisée à arpenter les rues Dominicaines, tant mieux ! Conçue par un consortium de Cubains de Miami, Casa de Campo est un rendez vous très prisé de la jet set, une sorte de mix entre Acapulco et Palm Beach. Parmi les plus assidus on y croise paraît il Beyonce, Bill Clinton ou Julio Iglesias ainsi que de nombreuses têtes couronnées. C’est un domaine de 7000 hectares avec un hôtel et 1500 résidences de luxe sous haute protection, donnant sur la mer Caraïbes, avec ses avenues, ses étangs, ses forêts, sa plage, sans compter ses magasins, restaurants, spas, golf, cinéma, tennis et piscine mais ça c’est presque banal ! Bref un Ghetto pour riches. 

 

 

 

L'amphithéatre


 

Le domaine possède sa propre police, sa caserne de pompiers, son aéroport. On s’y déplace en voiturette électrique, tout un monde, on se croirait un peu à Disneyland où chez les Bisounours peut-être ? Il y’a même un « faux vieux village », perché sur les hauteurs, qui domine le rio Chavon. Construit entre 1976 et 1982 par le scénographe Roberto Copa, la ville d’opérette possède un bel amphithéâtre dans lequel Sinatra fut le premier à se produire, suivirent de nombreuses vedettes dont Sting  plus récemment. Bref vous l’aurez compris, Casa de Campo, ce n’est pas tout à fait notre « truc ». 

 

 

 

Un pti lolo de bord de plage

 
 

On s’en échappe donc rapidement pour aller visiter la Romana, qui n’a pas non plus grand intérêt, à part celui d’être vraie, et totalement à l’opposé de la précédente. Les restaurants sont protégés par des grilles comme les quelques petites « tiendas » (bars ou stands à bonbons) qui bordent la route. On y sent la pauvreté et certainement une certaine violence. 

 

 

 

Village de pêcheur


 

C’est la ville la  plus jeune de République dominicaine. L’économie de la région dépend de la sucrière Central Romana, qui emploie 25000 personnes, et possède 81000 hectares ce qui en fait le plus grand employeur et le premier propriétaire du pays. 

 

 

 

Une halte pour boire un rafraichissement

 
 

Nous déjeunons de riz et haricots rouges, sur la plage de Caléta, la musique bat son plein et les enfants d’ici se baignent, près des poubelles tandis que d’autres jouent avec des cerfs volants confectionnés avec des sacs poubelles. Ils n’ont pas l’air moins heureux pour autant. Il faut de tout pour faire un monde !

 

24 Décembre : Mona Island


Départ de San Juan de Puerto Rico à la nuit tombée. Nous quittons la marina et nos amis les pêcheurs de gros, qui entretiennent leur bateau à moteur comme des bijoux. Machines rutilantes, cannes à pêche et leurres, prêts pour partir en mer. Les voiliers sont rares et les grosses vedettes alignées comme à la parade.

 

 

Coucher de soleil à Mona Island

 

 

Nous mouillons une dernière fois au pied de la citadelle illuminée, pour nous préparer à affronter  la houle de l'Atlantique. Un quartier de lune nous sourit. L'alizé est bien établi et la mer risque d'être forte à la sortie des passes. Ensuite c'est vent arrière que nous allons longer la grande île de Puerto Rico, cap à l'ouest avant d'atteindre le Mona passage. 

 

C'est le détroit qui sépare Puerto Rico de la République Dominicaine. Un détroit d'environ 100 milles nautiques. Il est l'un des passages stratégique de la sortie de la mer des Caraïbes. Les galions chargés d'or récolté en Amérique du sud et centrale, devaient emprunter ce canal avant de gagner la haute mer de l'Atlantique et de trouver des vents qui leur permettent de gagner l’Europe et principalement l’Espagne. Mais comme dans les Îles Vierges, les pirates attendaient cachés dans les baies et dans ces îles pour attaquer les flottes chargées d'or. 

 

 

Laura et Marion se préparent pour le spectacle de Noël

 

 

L'île Mona justement se trouve au milieu de ce passage. C'était donc un lieu stratégique et même si son mouillage n'est pas des meilleurs, il permettait d'attendre l’ennemi. Aujourd'hui le passage est fréquenté par les navires marchands qui depuis Panama rejoignent l'Europe ou les Etats Unis. 

 

 

Loup confectionne son gâteau aux marrons

 

C'est pour nous une escale loin de toute civilisation, parfaite pour y passer le réveillon de Noël. Les autoroutes et les buildings de Puerto Rico sont derrière nous. L'île est déserte, nous sommes seuls au monde. Elle ressemble de loin à un grand tabulaire, ces grands icebergs qui s'échappent de l'Antarctique. Mais ici elle est bien fixe, soudée au plateau continentale depuis des millions d'années. C'est une falaise de plusieurs dizaines de mètres qui tombe à pic dans une mer cristalline. A l'extrémité ouest, une péninsule sableuse et une barrière de corail offre quelques superbes plages de sable blanc. Nous mouillons par 12 mètres d'eau et posons l'ancre dans une zone de sable entre des patates de corail.

 

 

 

Mona Island, un plateau calcaire sorti des océans

 

 

La houle est forte, le mouillage particulièrement rouleur. Nous descendons à terre pour rendre visite aux gardiens de ce parc national. L'île Mona est une réserve protégée pour son environnement exceptionnel. Isolée et sans population, elle a gardé son aspect originel. Les gardiens ont la gentillesse d'autoriser Béti à débarquer, elle est folle de joie, consignée à bord pendant 3 jours à Puerto Rico. Plus tard dans l’après midi nous partons à la découverte des fonds sous marins. En longeant la barrière de corail on croise de nombreux requins. 

 

Il est temps de se lancer dans la préparation du menu du réveillon. J'attaque le Tiramisu tandis que Loup se lance dans la préparation du gâteau au marron. Le soleil s'assoupit sur les falaises abruptes et laisse place à un joli croissant de lune. Le ciel est couvert d'étoiles et le capitaine se lance dans la lecture des constellations, Orion, Sirius, les pléiades, Cassiopée… On aperçoit même l'étoile du berger ! 

 

 

 

Même à Mona, le Père Noël est passé pour la plus grande joie de tous

 

 

Demain l'enfant Jésus rejoindra la petite crèche que Marion a confectionnée. Dîner joyeux et délicieux bercé par la forte houle, il faut sortir les tapis antidérapants et bien tenir son verre. Qu'à cela ne tienne, l'année dernière nous étions accroché à un glaçon et nous avions dérivé avec deux phoques alors, somme toute, c'est plutôt stable. Les enfants ont du mal à aller se coucher, Marion veut guetter le père Noël, cette fois-ci elle est bien décidée à le voir !

 

 

31 décembre : Constanza

 

Nous quittons Santo Domingo au petit matin. Le jour se lève sur la capitale de l’île. Un flot important de voiture se bouscule déjà à l’entrée de la ville. Les ponts qui enjambent le rio Ozama ne suffisent pas à laisser s’écouler la circulation. Santo Domingo est une grande capitale avec ses 3 millions d’habitants. 

 

 

 

 

L’équipage de Fleur Australe s’échappe, loin de la fièvre de la ville et nous mettons le cap sur les montagnes pour découvrir le cœur de l’île. On croise de nombreux camions chargés de fruits et de légumes provenant de ces grandes vallées luxuriantes à l’intérieur des terres. Cap au nord vers Constanza. 

 

 

 

 

De grands champs d’orangers bordent la route. Des rizières aux champs bien alignés se succèdent. C’est un décor surprenant qui nous transporte en quelques dizaines de kilomètres seulement, bien loin des plages du bord de mer et des cocotiers. Nous quittons la vallée et empruntons une route en lacets qui grimpe à flan de montagne.

 

 

 

 

Nous prenons de l’altitude, la fraîcheur se fait ressentir et devient agréable. Nous rentrons dans le potager de Saint Domingue, une ville à plus de 1000 mètres d’altitude étalée dans une vaste vallée verdoyante et fertile, entourée de montagnes. Près de 90% de la production maraichère nationale est cultivée dans la région. On y cultive toute sorte de légumes, choux, brocolis, oignons, ail, salades, carottes… La production fruitière bénéficie aussi de la qualité de la terre et de l’air, fraises, pommes, poires, abricots, kiwis, pêches. 

 

 

 

 

 

 

Devant nous le Pico Duarte culmine à 3098 mètres et en fait le plus haut sommet des Antilles. Nous empruntons la piste remplie d’ornières qui s’enfonce dans la vallée. Sur le bord de la route, nous trouvons des petites maisons de bois où vivent les ouvriers agricoles, pour certains il s’agit d’immigrés haïtiens. 

 

 

 

 

 

 

Dans cette vallée très encaissée, l’homme a façonné des parcelles, dessinant de multiples losanges aux couleurs allant du brun, au roux, en passant par le vert. Un paysan emmitouflé dans sa parka guide un bœuf qui tracte une charrue et grimpe la pente. Quelques enfants s’amusent sur le bord de la route. Malgré la pauvreté, les gens sont souriants et accueillants. Au terme de notre longue ascension nous atteignons une cascade, Aguas Blancas. L’eau y est particulièrement glacée mais en vaillants explorateurs des pôles… nous y plongeons. Nous regagnons la plaine en fin de journée, des images plein les yeux. Demain nous irons découvrir Jarabacoa, « le lieu où l’eau afflue ». 

 

 

 

 

 

 

L’équipage de Fleur Australe se joint à moi pour vous souhaiter une merveilleuse année 2015, qu’elle soit passionnée et passionnante. Que la joie, la force et la confiance vous accompagnent au fil des jours. 

 

 

 

28 décembre : Santo Domingo

 

Traversée de nuit depuis la Romana, vent de travers, sous génois et grand voile, marchons à 7 nœuds. Loup a pris ses quartiers d’été sur le pont, bien emmitouflé dans son duvet, avec son chien lové contre lui. 

 

 

Loup, supporter du PSG a hissé son drapeau !

 

 

Nous relâchons au yacht club Saint Cristobal dans le port de Saint Domingue juste en face de la vieille ville, au pied de la citadelle. Nous sommes dans la rivière Ozama et c’est particulièrement sale. Il y a des bidonvilles le long et les poubelles partent dans la rivière pour finir bien entendu en mer, contribuant ainsi à la pollution que l’on rencontre malheureusement trop souvent. 

 

 

La statue de Christophe Colomb à l’entrée du port

 

 

Al’aube, nous doublons la statue de Christophe Colomb. Philou se souvient : « Je suis arrivé ici en vainqueur en 1984, à bord du grand catamaran, Fleury Michon 7, c’était « la route de la découverte », qui partait d’Espagne pour rejoindre Santo Domingo en passant par Salvador au Bahamas. 

 

 

 

Le rio Ozama, envahi par les îles végétales

 

 

 

 

 Saint Domingue est un petit port avec peu d’espace pour les gros cargos

 

 

Moi aussi j’ai des souvenirs dans le coin, j’y ai tourné un film totalement dominicain, «  quatro hombres y un ataud » avec le « Coluche » d’ici, une idole pour ce peuple bien sympathique qui nous accueille avec tant de chaleur. Les douaniers me reconnaissent immédiatement, ce qui fait bien rire l’équipage et facilite les rapports.

 

 

 

Fleur Australe en attente avant de s’amarrer à la petite Marina

 

 

 

Fleur Australe en attente avant de s’amarrer à la petite marina

 

 

Dans l’après midi nous partons à l’assaut de la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Santo Domingo fut la première ville des Amériques et la ville de cœur de Christophe Colomb. Il pleut et de gros nuages planent sur le malécon (promenade). Demain nous irons à la rencontre d’un groupe de break dance. 

 

 

 

Le centre ville historique et ses calèches

 

 

En attendant, repos mérité après ces nuits de navigation !

 

26 Décembre : Mona Island (suite)


Nous allons à la rencontre des gardiens de cette réserve sur la très belle plage. Le sergent accepte de se plier au jeu de la caméra et répond à mes questions. Il vient sur l’île depuis 25 ans. Ils sont trois et la relève se fait tous les 8 jours. Ils arrivent en avion et se pose sur la petite piste en herbe conçue à cet effet et sont d’ailleurs les seuls habilités à atterrir sur l’île. 

 

 

Mona Island

 

 

Cette île est classée réserve nationale, des étudiants ainsi que des scientifiques viennent y étudier la faune et la flore. « C’est le plus beau laboratoire de biologie au monde » me lance le sergent fier de son île et de son pays. Il nous fait faire un petit tour avec son petit 4x4. Nous croisons de nombreux iguanes, «  ils sont endémiques à l’île et n’on rien à voir avec les iguanes de Cuba » m’assure t il. « C’est une espèce en voie de disparition » ajoute t il, difficile à croire vu le nombre impressionnant que nous croisons pendant la ballade. 
 
 
 
L'iguane de Mona
 
 
 
L'iguane de Mona

 
Il y’a également quelques espèces d’oiseaux endémiques et des tortues en grand nombre, «  les caraïbes » dont nous repérons les empreintes sur la plage mais que nous ne croiseront malheureusement pas. L’île me fait immédiatement penser à Makatéa, aux Tuamotu, même formation géologique avec ses falaises abruptes, ancien atoll remonté des profondeur suite aux mouvements des plaques, ici pourtant il ne s’agit pas d’un atoll. « Du temps des espagnols l’île était un minerai exploitée pour son  « Guano » m’explique encore notre guide (excréments d’oiseaux riche en phosphate). 
 
 
 
Fleur Australe mouille au pied des falaises
 
 
Il nous mène jusqu’aux grottes et nous fait faire le tour des plages, plus belles les unes que les autres. L’île est riche en légendes datant des corsaires et des pirates que notre hôte ne manque pas de nous faire partager : « La nuit tombée, on dit que l’on entend les femmes hurler car un pirate portugais en avait tué des centaines, sur la Playa de las Mujeres, on a fini par lui couper le tête, on raconte qu’il hante la grotte du portugais et que son fantôme, un corps sans tête erre encore sur l’île », certains gardiens l’auraient même vu. De quoi effrayer notre petite troupe, amateur de sensations fortes. 
 

 
Des plages désertes
 
 
 
Des plages désertes
 
 
Exploration des superbes fonds sous marins dans l’après midi après un succulent déjeuner de Noël. Les enfants s’amusent avec les jouets que leur a apportés le Père Noël, construction de playmobil, pate à modeler, jeux de société. En fin de journée, nous quittons cette île du bout du monde, aux dimensions parfaites, c’est un trésor de beauté ! Rare sont au monde les lieux ou l’on peut passer 48 heures sans croiser âme qui vive mise à part ces trois gardiens qui garde ce joyau avec tout le soin qu’il mérite. 
 
 
 
Marion s'endort avec ses poupées, cadeau du Père Noel
 
 
Nous appareillons donc la nuit tombée après un Trivial Pursuit acharné et faisons voile vers Santo Domingo.

23 Décembre : Camuy cave

 
C’est notre dernière journée à Puerto Rico. Les enfants s’activent à confectionner des guirlandes et autres boules de Noël pour décorer le bateau. Nous partons vers 7h00 en direction de Camuy à 150 km de San Juan. Nous allons visiter le Parc National. Nous sommes attendus par Carlos Morales, un biologiste qui est en charge de ce superbe domaine qui abrite la Camuy rivière, troisième plus grande rivière souterraine au monde. Carlos nous mène à travers de somptueuses grottes. 
 
 
 
Une araignée tisse sa toile.
On dit que les fils sont plus solide que l'acier!
 
 
On estime que ces 200 grottes datent de 45 millions d'années. Nous observons les dolines, stalagmites et stalactites. Les grillons chantent tandis que les chauves souris s’activent. Ce parc a été conçu pour les enfants de Puerto Rico afin qu’ils se rapprochent de la nature et qu’ils prennent conscience de l’environnement merveilleux que leur offre leur pays.
 
 
 
La grotte de Camuy, impressionnante par sa taille !
 
 
Nos enfants boivent l’eau à la source, cette eau si précieuse nous explique Carlos, qui est un des trésors que nous offre cette roche à l’état brut que nous préservons au quotidien. 
 
 
 
Un stalagmite de plus de 6 mètres de haut et vieux de plusieurs millions d'années
 
 
La lumière s’infiltre à travers les failles et nous avançons à tâtons dans ce monde des ténèbres. Les indiens Tainos y ont vécus, ils y ont laissé des traces sur les murs, des dessins, des empreintes et à mesure de notre avancée il nous semble apercevoir des ombres dans ce labyrinthe, les fantômes de ces indiens qui veillent sur les lieux tels des sentinelles bien cachées dans les profondeurs de la terre. 
 
 
 
Au centre de la terre
 
 
Ce parc national, est un véritable trésor végétal qui attire chaque année des milliers de touristes. Un atout essentiel pour Puerto Rico qui a longtemps souffert d’une image négative. Le célèbre film West Side Story a notamment participé à véhiculer cela. En effet, dans une séquence, des Portoricaines chantent « Puerto Rico, you ugly island... I'd like to be in America », « Puerto Rico, toi île laide... je préfèrerais être en Amérique »... 
 
 
 
Carlos fait gouter l'eau pure à Laura
 
 
Depuis, Puerto Rico a réussi à s'ouvrir au tourisme avec ses parcs nationaux, ses plages et sa richesse culturelle et nous comprenons bien pourquoi, l’île est vraiment belle et diversifiée, la végétation luxuriante, l’accueil chaleureux, on s’y sent bien. 
 
 
 
Une grotte formée par une rivière souterraine
et ses eaux acides qui ont érodées la roche
 
 
Nous déjeunons d’un poisson grillé au bord de la mer à quelques kilomètres de là, après avoir fait le plein de fruit chez un marchand ambulant au bord de la route. Ce soir Fleur Australe a revêtu son habit de fête, guirlandes, crèche et régime de bananes pendu au hauban. 
 
 
 
Cote nord de Puerto Rico battu par la houle de l'Atlantique
 
 
Nous levons l’ancre et laissons cette île enchantée dans notre sillage tandis que le jour décline nous gratifiant d’un superbe arc en ciel. Adios Puerto Rico !

Les 100 derniers billets du Carnet de bord