16 décembre : Prêts à partir

 
Un chantier à la Martinique, carénage, révision moteur, vérification des voiles, peintures, vernis intérieur et pose d’un nouvel antidérapant sur le pont puis arrêt en Guadeloupe pour la révision annuelle des canaux de survies et des balises de détresse. 
 
 
 
C’est pour RTL que je raconterai chaque semaine à partir de Jeudi dans La curiosité est un vilain défaut
 
 
Pour finir, nous avons passé quelques jours à St Barth pour préparer le bateau, faire les courses, la pharmacie et récupérer la famille. Nous avons aussi accueilli Marie, notre nouvelle équipière, c’est elle qui va faire l’école aux enfants. J’ai rencontré Marie par l’intermédiaire de mon amie Sœur Claire qui était venue me voir l’année dernière au théâtre jouer Edith Stein, et qui depuis illumine ma vie de sa présence bienveillante. Comme Sœur Claire, Marie œuvre au sein de Points cœur, une ONG internationale qui envoie des jeunes à travers le monde pour un temps de volontariat dans des bidonvilles afin de partager la vie des gens et d’apporter une présence d’amitié et de réconfort auprès des plus souffrants. C’était elle, à coup sûr, qu’il nous fallait à bord pour tempérer les ardeurs de nos petits moussaillons. Je suis très heureuse qu’elle soit avec nous et en quelques jours seulement j’ai pu noter l’harmonie qui se dégage de son être et de son sourire radieux.
 
 
 
Marie notre nouvelle équipière-institutrice, avec les filles
 
 
Saint Barth se remplit chaque jour de Yacht à moteur plus grands et plus luxueux à chaque fois. Certains font plus de 70 mètres et le port n’a rien à envier à celui de St. Tropez en plein été. Les célébrités et les milliardaires russes débarquent sur le caillou de paradis tandis que les locaux s’adaptent avec le sourire en attendant des jours meilleurs.
 
Un petit tour et puis s’en va, dans un mois l’île retrouvera son calme et sa nonchalance habituelle. Seul le Select conserve son caractère bucolique, oasis imperturbable depuis plus de 60 ans pour les marins de passage. Nous ne manquons pas d’aller y boire un rhum et de croquer dans un Marius, le célèbre hamburger. De retour à bord nous avons la mauvaise surprise de retrouver Fleur Australe enserrée entre deux monstres d’acier, l’ancre prise dans rien de moins que 5 autres ancres posées par dessus. 
 
OH ! Le capitaine n’est pas content, on aurait pu nous prévenir ! Il faut faire appel aux plongeurs pour démêler l’ancre. Ce doit être un sacré business à cette période de l’année. Pour nous, pas question de payer, on aurait dû nous avertir. 
 
 
 
Le port de St Barth envahi par les monstres d’acier,
les plongeurs s’activent pour démeller les ancres
 
 
Nous partons au mouillage dans la baie de Gustavia, entre Roman Abramovitch et qui sais je encore. J’avais appris à me méfier des icebergs, pas des motors yachts. Ah décidément le danger est partout. Ici ce n’est pas la banquise, les ours et les icebergs….c’est la dengue, la chicunguya, le choléra en Haïti ou les pirates. Nettement plus dangereux ! 
 
 
 
Le yacht du milliardaire russe Roman Abramovitch se cache derrière les gros îlets de St. Barth
 
 
Nous peaufinons notre équipement anti moustiques, produits en tout genre, moustiquaires, et médicaments « au cas où » puis nous mouillons très au large, loin de toute attaque surprise de motor yacht et pour le reste nous comptons sur notre bonne étoile et sur l’eau douce dont nos soutes sont remplies.
 
C’est justement l’eau qui nous pose problème ce matin, le réservoir ne veut pas s’amorcer puis c’est au tour de l’électricité. 
 
 
 
Le port, envahi par les sargasses
 
 
Le capitaine passe sa journée à bricoler. Les algues ont envahies le port et les plages, les sargasses, ces cheveux remontés des abimes. La prise d’eau du refroidissement du générateur s’est bouché avec les sargasses, le moteur a chauffé, un fusible a sauté. Le capitaine laisse refroidir et répare. Saleté de sargasses ! En plus, il pleut ! 
 
Les milliardaires n’ont qu’à bien se tenir, le paradis ça se mérite et SEULE la nature est maître, qu’on se le dise ! 
 
 
 
Les filles profitent de la belle heure
 
 
Ce soir nous levons l’ancre vers les Grandes Antilles. Vive l’aventure !
 
 

 

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