21 décembre : Puerto Rico

21 décembre : Puerto Rico
 
Navigation tranquille, vent portant sous une pluie d’étoiles. Nous sommes grand voile haute et génois tangonné et marchons à 7 nœuds. Croisons de gros paquebots qui sillonnent les caraïbes. Nous empannons plusieurs fois avant de relâcher devant la forteresse à l’aube. 
 
Puerto Rico se réveille nimbée de rose. C’est «La isla del Encanto », « L’île de l’enchantement ». Il s’agit de la plus petite île des Caraïbes mais c’est aussi l’une des plus diversifiée avec ses plages, ses montagnes brumeuses et sa végétation luxuriante. Au petit matin nous levons l’ancre pour rejoindre la marina située au cœur de la ville.
 
 
 
Coucher de soleil sous les tropiques à l'approche de Puerto Rico
 
 
Habitée par les indiens Arawaks, c’est Christophe Colomb qui découvre Puerto Rico le 19 novembre 1493. Les indiens Tainos qui habitaient l’île ont rapidement montré l’or de la rivière à l’explorateur.
Très vite Puerto Rico devient la station militaire la plus importante des caraïbes. 
 
Rapidement exterminée, la main-d'œuvre indigène est remplacée par des esclaves noirs qui travaillent sur les plantations de canne à sucre et de café. Plaque tournante de la contrebande anglaise au XVIIe siècle. Puerto Rico connait une certaine prospérité au XVIIIe siècle et reste à l’écart des guerres d'indépendance au début du XXème. De nombreux colons espagnols s'installent dans l'île, ce qui n'empêche pas la montée d'un mouvement autonomiste, dirigé par Luis Munoz Rivera, qui débouche sur le statut d'autonomie de 1897.
 
 
 
La vieille ville de San Juan.
Des rues pavées et une architecture espagnol.
 
 
Cependant, en 1898, les Etats-Unis, victorieux des Espagnols (guerre hispano-américaine), occupent Puerto Rico qui reçoit un gouverneur (1900). En 1917, le Jones Act confère aux Portoricains la nationalité américaine. 
 
Mono productrice de sucre, l'île est très touchée par la crise de 1929 et le Parti démocratique populaire (P.D.P.) de Luis Munoz Marin prône la diversification de l'économie, mais dans le cadre de l'union avec les Etats-Unis. 
 
Puerto Rico reçoit en 1947 le droit d'élire son gouverneur et une nouvelle Constitution en fait un « Etat libre associé », statut confirmé par le referendum de 1967. Bien qu'en progression, le mouvement indépendantiste reste très minoritaire. Les 3,8 millions d'habitants de Puerto Rico, citoyens américains d'un « Etat libre associé » aux Etats-Unis, n'ont pas le droit de vote aux élections américaines. 
 
 
 
 
En 2012, le dernier referendum en date, le quatrième en 45ans, a réclamé l'annexion aux Etats-Unis. Mais cette consultation n'a pas été reconnue par Washington.
 
Aujourd’hui l'île dotée de sa propre constitution, élit un gouvernement autonome gérant les affaires intérieures. Mais la défense, la politique étrangère et la monnaie sont assumées par les Etats-Unis. Le dollar US est la monnaie officielle, mais à Puerto Rico on l'appelle le « Peso ».
 
 
 
 
L'Anglais et l'Espagnol sont les deux langues officielles, mais l'Espagnol domine largement. La population très dense (fort accroissement naturel) est en majorité urbaine (67 %) et connaît un endettement élevé et un fort taux de chômage, malgré une forte émigration vers les Etats-Unis et les implantations industrielles (produits pharmaceutiques, pétrochimie, alimentation, textile, plastique, matériel électrique et électronique). 
 
Les superficies agricoles diminuent et l'élevage (lait et viande) dépasse les productions traditionnelles (tabac et surtout canne à sucre). 
 
 
 
 
Le tourisme se développe (3,6 millions de visiteurs par an en 2010), mais ne représente que 6 % du produit intérieur brut, car Puerto Rico subit la concurrence d'autres îles des Antilles, notamment de la toute proche République Dominicaine vers laquelle nous ferons voile d’ici 3 jours.
 
Nous louons une voiture et partons à la découverte du vieux San Juan bien caché derrière ses remparts. La ville est superbe très colorée et bien propre avec son style bien espagnol, ses rues pavées et ses maisons coloniales. Pas question de sortir Béti le chien de son sac, sous peine de voir le service sanitaire s’en emparé comme en Nouvelle Zélande. Nous regagnons le bord au coucher du soleil. On nous a conseillé de tendre les oreilles car la nuit tombée et surtout après la pluie on peut entendre le chant du « Coqui », le cœur de l’île.
 
 
 
 
Il est partout sur l’île et chacun fait un bruit différent. C’est l’animal national (sorte de grenouille) car il représente la force et l’unicité du peuple portoricain. Qu’à cela ne tienne nous sommes tout ouïe…
 

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