24 Décembre : Mona Island


Départ de San Juan de Puerto Rico à la nuit tombée. Nous quittons la marina et nos amis les pêcheurs de gros, qui entretiennent leur bateau à moteur comme des bijoux. Machines rutilantes, cannes à pêche et leurres, prêts pour partir en mer. Les voiliers sont rares et les grosses vedettes alignées comme à la parade.

 

 

Coucher de soleil à Mona Island

 

 

Nous mouillons une dernière fois au pied de la citadelle illuminée, pour nous préparer à affronter  la houle de l'Atlantique. Un quartier de lune nous sourit. L'alizé est bien établi et la mer risque d'être forte à la sortie des passes. Ensuite c'est vent arrière que nous allons longer la grande île de Puerto Rico, cap à l'ouest avant d'atteindre le Mona passage. 

 

C'est le détroit qui sépare Puerto Rico de la République Dominicaine. Un détroit d'environ 100 milles nautiques. Il est l'un des passages stratégique de la sortie de la mer des Caraïbes. Les galions chargés d'or récolté en Amérique du sud et centrale, devaient emprunter ce canal avant de gagner la haute mer de l'Atlantique et de trouver des vents qui leur permettent de gagner l’Europe et principalement l’Espagne. Mais comme dans les Îles Vierges, les pirates attendaient cachés dans les baies et dans ces îles pour attaquer les flottes chargées d'or. 

 

 

Laura et Marion se préparent pour le spectacle de Noël

 

 

L'île Mona justement se trouve au milieu de ce passage. C'était donc un lieu stratégique et même si son mouillage n'est pas des meilleurs, il permettait d'attendre l’ennemi. Aujourd'hui le passage est fréquenté par les navires marchands qui depuis Panama rejoignent l'Europe ou les Etats Unis. 

 

 

Loup confectionne son gâteau aux marrons

 

C'est pour nous une escale loin de toute civilisation, parfaite pour y passer le réveillon de Noël. Les autoroutes et les buildings de Puerto Rico sont derrière nous. L'île est déserte, nous sommes seuls au monde. Elle ressemble de loin à un grand tabulaire, ces grands icebergs qui s'échappent de l'Antarctique. Mais ici elle est bien fixe, soudée au plateau continentale depuis des millions d'années. C'est une falaise de plusieurs dizaines de mètres qui tombe à pic dans une mer cristalline. A l'extrémité ouest, une péninsule sableuse et une barrière de corail offre quelques superbes plages de sable blanc. Nous mouillons par 12 mètres d'eau et posons l'ancre dans une zone de sable entre des patates de corail.

 

 

 

Mona Island, un plateau calcaire sorti des océans

 

 

La houle est forte, le mouillage particulièrement rouleur. Nous descendons à terre pour rendre visite aux gardiens de ce parc national. L'île Mona est une réserve protégée pour son environnement exceptionnel. Isolée et sans population, elle a gardé son aspect originel. Les gardiens ont la gentillesse d'autoriser Béti à débarquer, elle est folle de joie, consignée à bord pendant 3 jours à Puerto Rico. Plus tard dans l’après midi nous partons à la découverte des fonds sous marins. En longeant la barrière de corail on croise de nombreux requins. 

 

Il est temps de se lancer dans la préparation du menu du réveillon. J'attaque le Tiramisu tandis que Loup se lance dans la préparation du gâteau au marron. Le soleil s'assoupit sur les falaises abruptes et laisse place à un joli croissant de lune. Le ciel est couvert d'étoiles et le capitaine se lance dans la lecture des constellations, Orion, Sirius, les pléiades, Cassiopée… On aperçoit même l'étoile du berger ! 

 

 

 

Même à Mona, le Père Noël est passé pour la plus grande joie de tous

 

 

Demain l'enfant Jésus rejoindra la petite crèche que Marion a confectionnée. Dîner joyeux et délicieux bercé par la forte houle, il faut sortir les tapis antidérapants et bien tenir son verre. Qu'à cela ne tienne, l'année dernière nous étions accroché à un glaçon et nous avions dérivé avec deux phoques alors, somme toute, c'est plutôt stable. Les enfants ont du mal à aller se coucher, Marion veut guetter le père Noël, cette fois-ci elle est bien décidée à le voir !

 

 

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