13 Janvier Punta Rucia : le Paradis

 

Dernier jour à las Terrenas, un peu trop civilisé pour nous. Nous partons à cheval en direction de la cascade El Limon, escortés par une bande d’enfants entre 10 et 12 ans qui nous font découvrir les lieux. C’est Dimanche, la ville bat son plein, des piscines naturelles au bord de la route, ça boit, ça danse, ça parle fort. La musique hurle et les Dominicains font la fête tout l’après midi. 

 

 

 

Las Terrenas, le dimanche - Piscine naturelle,
ça boit, ça danse, c’est la fête sur le bord de la route
 

 

 

La nature est superbe, particulièrement arrosée, ici il pleut beaucoup, chaque jour pour ainsi dire, et cela donne cette végétation dense et ces mangroves exubérantes. 

 

  

Au pied de la cascade El Limon, Las Terrenas

 

 

Nous levons l’ancre en fin de journée, 120 milles pour Punta Rucia, notre prochaine destination en République Dominicaine, non loin de la frontière avec Haïti. C’est ici que Christophe Colomb a perdu sa caravelle la Santa Maria.

 

 

 

Marion s’est trouvé un chevalier servant

 

 

Je suis au nid de pie lorsque nous arrivons et je découvre cette baie particulièrement abritée, ce qui va nous reposer de nos dernières escales mouvementées. C’est ici que Colomb aurait débarqué en premier mais cherchant un fleuve pour abreuver ses chevaux, il décide de s’établir à Isabella située à quelques kilomètres à l’est. 

 

Isabella fut la première capitale du nouveau monde, mais décimés par la fièvre et les difficultés d’approvisionnement, les survivants des 1500 colons arrivés avec Colomb, abandonnèrent l’endroit et se replièrent cinq ans plus tard, vers un nouveau site plus hospitalier, La Nueva Isabella, qui allait devenir Santo Domingo.

 

 

 

Punta Rucia, un petit coin de Paradis préservé du tourisme

 

 

A peine l’ancre jetée, je nage jusqu’à la longue plage de sable blanc et pars explorer le ravissant petit village. Enfin un endroit pas touristique, un ravissant « pueblo » de pêcheurs au charme fou, avec une seule rue en terre, qui borde la belle plage de sable blanc. 

 

Trois enfants tout nus chevauchent un âne. Quelques pêcheurs s’affairent à leur maigre butin. Le village vit paisible et nonchalant. Ici, au contraire de ses voisines, il pleut très peu et le village est niché au cœur d’une garrigue sèche. Des baraques en bois de guingois, certaines sur pilotis, des habitants joyeux et nonchalants, un véritable petit coin de paradis. 

 

 

 

Punta Rucia, un petit coin de Paradis préservé du tourisme

 

 

Au bout de la longue plage il y a un joli Lodge, abritant quelques farés parfaitement intégrés dans la nature. Nous rencontrons le patron Jean François qui est tombé amoureux de l’endroit il y a quelques années et s’y est installé. Passionné par les lieux et particulièrement impliqué dans toutes les luttes pour protéger l’environnement et la biodiversité, il nous fait découvrir le coin en quad. 

 

Un peu plus loin la très jolie plage populaire d’Ensenada au sable fin et aux eaux turquoises avec ses barques colorées et ses lolos d’où s’échappent des accords de merengue. Nous allons dans la foulée visiter le Parc National de Los Manaties, qui abrite une importante colonie de lamantins en pleine mangrove. 

 

 

 

Village de Punta Rucia

 

 

« Lorsque Colomb débarqua, m’explique le gardien, il raconte dans son journal de bord, qu’apercevant les seins d’un lamantin, il eu la vision d’une belle sirène, ce n’est que lorsqu’il découvrit son visage qu’il déchanta aussitôt ». Les indiens Tainos les mangeaient, aujourd’hui ils sont une cinquantaine à évoluer en paix dans ce mélange d’eau douce et d’eau salée, broutant les fonds à leur guise et flirtant avec la surface le temps de respirer et de nous laisser prendre quelques clichés, depuis le « mirador ». 

 

« Ici à Punta Rucia, nous protégeons la nature comme un sanctuaire, d’où ce parc national. La main de l’homme n’a rien abîmé, rien touché, tout est resté dans son environnement naturel et nous en sommes fiers » ajoute le gardien. 

 

 

 

Un lamantin dans le parc national  des Manaties

 

 

Décidémment Punta Rucia a bien des qualités, c’est la perle de Saint Domingue. Chut ! Pourvu que ça dure !

 

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