24 Janvier : Mica aux Abricots

 

Nous débarquons sur la belle plage de sable doré bordée de cocotiers. Les pêcheurs remontent leurs sennes dans la lumière du petit matin. Deux d’entre eux nous entrainent par un chemin escarpé et pentu qui mène au village d’en haut. Il y’a quatre villages à Abricot. 


 

 

Les pêcheurs remontent la senne

 

 

Dans une jolie maison avec une vue superbe sur la baie, Mica nous reçoit avec beaucoup de gentillesse et de passion. Quelques paons se baladent dans le jardin au milieu des chiens et des oies de barbarie. Au mur, quelques-uns des plus beaux spécimens de la peinture Haïtienne. Après nous avoir offert une coco fraîche et quelques fruits, Mica nous fait découvrir sa collection d’objets appartenant aux indiens Tainos et datant pour certains de 500 ans avant Colomb, des silex, des poteries, des pierres. 

 
 

 

Avec Mica, une femme généreuse et pleine de vitalité

 

 

Mica est Haïtienne, même si sa peau diaphane n’en laisse rien paraître, seul un léger accent créole dévoile ses origines. Elle a vécu pendant dix-huit ans au Québec avant de décider de revenir avec son mari en Haïti pour y aider son peuple. Ils se sont installés aux Abricots il y a maintenant quarante ans. Son mari est décédé il y’a quelques années. Depuis son arrivée ici, elle se bat pour que son village soit un petit paradis tel que l’avait surnommé les indiens Tainos. Et on peut dire qu’elle y met toute son énergie et beaucoup de passion. Un gant de fer dans une main de velours que cette maitresse femme qui, à elle toute seule, a révolutionné la vie du village et en particulier celle des femmes et des enfants.

 
 

 

Fleur Australe au mouillage d'Abricot

 

 

Nous sommes bien loin des villages que nous avons visités auparavant. Elle contrôle tout et lutte au quotidien pour que les enfants aient une école digne de ce nom, avec toute la technologie moderne, internet, tableau numérique. Une infirmerie en service 24 heures sur 24, même si le choléra apparut après le séisme de 2010 continue de frapper, surtout après les pluies. Deux enfants sont décédés des suites de l’épidémie le mois dernier, un troisième a été sauvé. Cela passe avant tout par la prévention et des circulaires sont distribuées à tous quant aux mesures à observer. 

 
 

 

L'atelier de couture de la "Fondation Paradis des Indiens"

 

 

Mica nous fait visiter toutes les classes, à son passage les élèves se lèvent et la gratifie d’un « Bonjour Madame », preuve du grand respect que tous lui réservent et de l’éducation qu’elle a réussie à leur inculquer. Elle veille à tout, glisse un mot aux professeurs, corrige les copies et les commentent. Un sacré bout de femme ! 

 
 

 

Atelier de poterie pour la vente de crèches

 

 

Elle nous fait visiter ensuite ses ateliers d’artisanat, confections de nappes, couvre-lits, robes, motifs cousus mains et grande délicatesse, puis c’est au tour des ateliers de poteries où l’on confectionne entre autres de jolies petites crèches en bois. « De quelle couleur est Jésus en réalité » m’interroge Laura devant le petit Jésus chocolat. Je lui répond : «  sa couleur change suivant l’endroit, ce n’est pas l’essentiel, il est amour et l’amour n’a pas de couleur, il est universel » sous l’œil ahuri du potier qui ne s’était peut-être jamais posé la question. 

 


 

 

Les petites filles nous font un ballet de hula hoop

 

 

Nous finissons notre visite par la préparation du Fruit à pain, nous sommes épuisés, il est vrai que les derniers jours nous ont laissé peu de repos. Nous trottons derrière Mica qui passe de l’un à l’autre, avec une détermination que ni le soleil de midi, ni la raideur des chemins en terre ne pourraient entraver. 

 
 

 

Petites filles du village d'Abricot

 

 

En rentrant à la maison nous avons le privilège d’assister à la descente du drapeau devant l’école, tous les élèves en uniforme chantent l’hymne national pendant que le maître descend solennellement le drapeau. Un grand moment d’émotion. Quel beau combat que celui livré par Mica pour son village. Quelle réussite ! A voir le sourire sur le visage des habitants, petits et grands, en haut comme en bas, on comprend où cette femme remarquable puise son énergie. Elle a réussi son pari, Abricot est bel et bien le petit paradis que les Indiens avaient découvert. Bravo Mica ! 

 

 

 

Des centaines d'enfants vont à l'école grâce à Mica et à sa Fondation

 

 

Mica a créé sa fondation : «  Fondation Paradis des Indiens » n’hésitez pas à lui envoyer des dons : 

 

Michaëlle de Verteuil
Fondation Paradis des Indiens
Abricots HT-7120, Grand'Anse, Haïti
Tel. (509)-3804-5510 ou (509)-3772-8802

 

Merci pour vos messages de soutien, l’équipage se remet doucement de ses émotions.

 

 

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