17 avril : Paraty et ses îles

 

Cela fait une semaine qu’il pleut sans discontinuer. La température a bien chuté depuis notre arrivée. Ce doit être histoire de ne pas nous dépayser trop brutalement. C’est réussi ! Moi qui avait rangé doudounes, polaires et cache nez dans la soute avant pour sortir les paréos et autres maillots de bains engourdis depuis la Polynésie, il y a déjà 3 ans ! J’ai ressorti les petits pulls et ce n’est pas pour me déplaire car la température a vite fait de s’emballer dans le bateau qui est définitivement conçu pour les eaux froides. Peu de hublots, une isolation à toute épreuve, une timonerie effet de serre. Je dois dire que c’est moins adapté aux tropiques qu’aux pôles et que nous avons vite fait d’atteindre les 35° dans le carré pour ne pas vous parler des bannettes.
 

 

Parati, le cheval est seul autorisé à circuler dans la ville


Pour l’heure nous avons recouvert toutes les ouvertures de moustiquaires pour nous protéger de la dengue qui sévit dans cette région. Laura en a fait les frais cet été, une dengue hémorragique, et cela, on le comprends, m’a traumatisé. Je fais donc la chasse à ces satanés moustiques de jour comme de nuit. Tous les vêtements sont imprégnés de produits, moustiquaires et draps compris, les enfants sont habillés, manches longues et pantalons qui laissent apparaître le moins de peau possible et celle ci est elle même enduite de répulsif .Les bestioles du jour sont porteurs de dengue, ceux de la nuit du paludisme. A chacun sa spécialité.

 

 

L'eau envahie les rues à marée haute

 


On comprendra que l’accoutrement anti moustiques n’est pas pour favoriser le frais dans le bateau et que c’est donc avec plaisir que j’ai vu la température légèrement baisser.

 

 

Betty hésite à traverser la rue

 


Nous avons fait quelques arrêts devant des plages de rêve sur notre route pour Paraty. La ville de Paraty est ravissante. Erigée sur un littoral de plages isolées et de péninsules, elle a pour arrière plan des montagnes escarpées couvertes de jungle, qui tombent à pic dans la baie émaillée d’une multitude d’îles. Le gouvernement Brésilien a déclaré Paraty centre historique national en 1966. C’est vrai que la ville a un charme fou avec ses maisons coloniales plusieurs fois centenaires et ses rues pavées où les voitures sont interdites mais ce charme en a fait une attraction et durant la journée elle est envahie de touristes. Lorsque la marée monte, les rues se remplissent d’eau, quelques-unes deviennent impraticables, et la ville prend soudainement des allures de Venise qui ajoute à son caractère bucolique.

 

 

Les sentiers au sec se font rares

 


Paraty est entourée de 65 îles et de 300 plages. Lorsque les Portugais s’y installèrent au XVI siècle, la cité était habitée par les indiens Guaianas. La découverte de gisements d’or dans le Minas Gerais à la fin du XVII siècle en fit le passage obligé de tous ceux qui venaient de Rio de Janeiro pour s’y rendre, car c’était le seul endroit pour franchir les escarpements de la Serra do Mar. Paraty devint alors un port majeur, où la population aisée fit ériger des églises et de magnifiques demeures.

 

 

 

C'est l'heure de la sieste

 


Nous passons d’une île à l’autre en attendant le soleil qui se fait désirer et poursuivrons vers Ilha Grande dès demain. Ainsi va la vie dans les eaux Brésiliennes à bord de Fleur Australe.

 

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