20 Avril : Angra do Reis


Après avoir profité du très agréable mouillage de Mamangua, nous avons filé vite fait vers Paraty afin que je puisse filmer le village à marée montante, lorsque les rues sont envahies par l’eau. Surtout, nous ne voulions pas arriver trop tard dans l’après midi, avant que les goélettes parties visiter les îles alentours ne déversent leurs flots de visiteurs à la conquête du petit joyau brésilien. Nous levons donc l’ancre hâtivement et appareillons.

 

 

 

Paraty

  

 

Arrivés sur place en milieu de journée je m’empresse de prendre ma caméra et de partir à l’assaut des rues pavées avant l’affluence. La famille me suit exceptée Laura, qui fait un caprice et que nous laissons à bord. Mission accomplie, nous regagnons le bord, car nous n’aimons pas laisser la petite seule trop longtemps.

 

Nous ne trouvons plus Béti, le chien !

 

Laura nous dit ne pas l’avoir vu. Un seau renversé sur le pont, nous laisse imaginer qu’elle est tombée à l’eau. L’horreur ! Hurlements des enfants, détresse de la maman,
capitaine désemparé… Je vous laisse imaginer la scène.

 

 

 

L'eau monte dans les rues de Paraty

 


Philippe part avec Loup faire un tour du village au cas où elle nous aurait suivi à notre insu mais je suis formelle elle n’était pas avec nous, je me suis fait la réflexion en filmant et personne ne l’a porté pour sortir de l’annexe. Ils reviennent vite, Loup en réfléchissant, se demande si nous ne l’avons pas oublié à Mamangua sur la plage. Nous sommes partis rapidement et il ne se souvient pas l’avoir vu sur le pont, comme à son habitude pendant l’arrêt baignade. L’espoir renaît, il fait nuit noire nous voilà repartis vers Mamangua, deux bonnes heures de navigation. Cela fait déjà 6 heures que nous avons quitté le mouillage, si tant est que nous l’ayons effectivement oubliée là-bas, y sera-t-elle toujours ?

 

 

 

 

Mamangua un fjord au creux de la verdure

 

Je vous la fais courte : arrivés au semblant de village avec une photo du chien, nous grimpons dans toutes les maisons. Tous les habitants finissent par se retrouver en procession derrière nous pour inspecter les allées boueuses et grimper jusqu’au sommet. Ca parle, ça redemande à voir la photo, je comprends un mot sur trois. Loup appelle son chien adoré de toutes ses forces, chaque aboiement refait naître l’espoir, il y a beaucoup de chiens dans le village, autant que d’habitants mais point de Béti. La scène tourne au cauchemar, Loup pleure, je me retiens d’en faire autant, les habitants y vont chacun de leurs commentaires.

 

Un gars sort de chez lui, un nouveau, je m’empresse de lui montrer la photo : « cacho perdido » je tente de lui expliquer dans mon Portugais, hispagnolisant. Il me semble comprendre qu’il l’aurait vu sur une plage voisine. Je le supplie de bien vouloir nous y mener. Il finit par accepter à condition d’y aller avec sa barque à moteur. Et nous voilà, Loup et moi, partis pour un quart d’heure de navigation, dans la nuit noire, avec un inconnu, afin d’aller au fin fond du fjord. Je finis par me demander si c’est un traquenard et je dois dire que je n’en mène pas large.

 

 

 

Construction d'un bateau sur la plage

 

Je repère Philou qui nous suit heureusement, Philou nous suit avec l’annexe. Arrivés au village du bout il montre la photo de Béti, mais personne ne l’a vue. Pour la première fois je me dis que c’en est fini de notre chien et qu’elle a dû effectivement tombé à l’eau à Paraty sinon nous l’aurions retrouvé… soudain la conversation s’emballe et je comprends qu’il y en a un qui l’aurait vu. Ils partent une petite dizaine à sa recherche, le long de la côte, nous suivons avec la barque lorsque soudain j’aperçois une petite boule blanche. C’est Béti, nous sommes sauvés. Elles nous en aura donné des émotions cette petite chienne ! Celle ci, je crois, est encore plus forte que lorsque nous l’avions retrouvée à la fourrière de New York. C’est une miraculée !

 

 

 

Repos à l'ombre



Le lendemain nous partons à l’aube en direction de Angra do Reis, nous avons un contact là bas au Yacht Club. Nous nous arrêtons pour le déjeuner dans un charmant petit village de pécheur bordé d’une plage déserte qui a vite fait de se révéler être le lieu de villégiature des Brésiliens le week end. A l’heure du déjeuner la plage déserte se transforme en une véritable ruche qui n’en demeure pas moins sympathique et folklo avec des embarcations en tous genre et la fête bat son plein dans l’eau, sur l’eau et sur la plage. Caipirinha à gogo, poissons grillés et belles donzelles… Le Brésil, quoi !

 

 

 

Fleur Australe à Mamangua



Nous arrivons au superbe yacht club très huppé en fin de journée et sommes accueillis comme des rois par le relation publique et le « comodoro » (président). C’est un véritable village avec 2 piscines olympiques, un restaurant, une pizzéria et des villas somptueuses pour brésiliens fortunés qui viennent ici passer les vacances en jet ou en hélico ! Encore une autre vue du Brésil, qui ne manque décidément pas de contraste.

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